RUMEUR


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Dans L’Énéide , Virgile parle de la rumeur, messagère de l’erreur et de la vérité, comme du plus rapide de tous les fléaux, qui va, répandant la terreur, et se fortifie en se diffusant.

Ainsi, l’accent est-il mis par le poète sur les trois traits principaux du phénomène, que la psychosociologie retrouvera et étudiera scientifiquement:

la rumeur, phénomène de propagation d’une nouvelle, n’a pas de rapport avec la question de la vérité et de l’erreur (puisqu’elle est, indifféremment, messagère de l’une ou de l’autre); elle répond à autre chose que le besoin de connaissance, autre chose qui est à chercher du côté de l’inconscient collectif;

la rumeur a un effet «terroriste»; elle s’impose par le fait même de sa diffusion et soumet l’«âme collective» à son diktat;

la rumeur, dans sa diffusion, subit un type de déformation qui accroît son impact, car la rumeur se nourrit d’elle-même.

Un exemple l’illustre bien, exemple un peu particulier puisqu’il s’agit d’une rumeur dans la presse, mais qui a l’avantage de pouvoir être bien cerné. Il s’agit du récit des «atrocités allemandes» sur le clergé d’Anvers durant la guerre de 1914-1918.

Le Kölnische Zeitung publie: «Quand la chute d’Anvers fut connue, les cloches des églises (allemandes) se mirent à sonner.» Le journal Le Matin reprend l’information sous la forme suivante: «D’après le Kölnische Zeitung , le clergé d’Anvers a été contraint de sonner les cloches après la prise de la forteresse...»; Le Times assure le relais: «D’après les informations que Le Matin a reçues de Cologne, les prêtres belges qui ont refusé de sonner les cloches ont été chassés...»; le Corriere della Sera reprend la chose ainsi: «Les malheureux prêtres ont été condamnés aux travaux forcés.» Enfin, la boucle se bouclant, Le Matin écrira à nouveau: «D’après les informations du Corriere della Sera , reçues via Londres-via Cologne, on confirme que les barbares vainqueurs d’Anvers ont supplicié les malheureux prêtres belges à cause de leur refus héroïque, en les pendant aux cloches comme des battants, la tête en bas...»

Il est évident qu’une telle rumeur ne se comprend qu’inscrite dans le contexte de la guerre et de l’image que se fait l’opinion publique «alliée» de l’ennemi allemand. La place du «forfait» que la rumeur annoncera est inscrite en creux sous forme d’attente et d’angoisse. La rumeur est ainsi accompagnée d’une espèce de soulagement obscur et d’un sentiment d’évidence qui rend inutile toute preuve.

Les exemples abondent de ce genre de rumeurs; la matière est ici inépuisable. Dans son livre La Rumeur d’Orléans , Edgar Morin étudie la rumeur antisémite qui, à Orléans, fit croire que les commerçants juifs, dans leurs magasins, enlevaient de jeunes et naïves clientes pour les soumettre à la traite des blanches. Jules Gritti, dans Elle court, elle court la rumeur , rapporte que, pendant la guerre du Vietnam, circulait aux États-Unis l’histoire d’une femme américaine invitée par le Pentagone à venir chercher son mari à la gare. Elle s’y rend et reçoit une caisse contenant le cadavre du mari, sans bras ni jambes. On peut aussi évoquer ces rumeurs qui, à Paris, ont fait croire que, dans les congélateurs des restaurants chinois, il y avait des rats qui attendaient d’être cuisinés.

Ce qui surprend, dans ce voyage au pays des rumeurs, c’est qu’on est en présence d’un matériau qui se caractérise à la fois par sa richesse et par sa pauvreté: par sa richesse parce que les histoires s’accumulent sans fin; par sa pauvreté parce que, derrière la variété des anecdotes, on trouve la répétition de thèmes toujours identiques, d’un lieu à l’autre, d’une époque à l’autre. Mais les rêves ne sont-ils pas différents les uns des autres et ne disent-ils pas tous la même chose: le désir et l’angoisse...?

On peut cependant distinguer deux types de rumeurs selon que celles-ci sont comme la parole moderne des mythes et des légendes ou qu’elles s’inscrivent dans le champ de l’événement politique et social, comme «la grande peur de 1789» qui fit s’armer les paysans pour brûler les châteaux. Il s’agit là de rumeurs qui provoquent l’événement et l’histoire. Reste à comprendre pourquoi telle rumeur fonctionne comme rite destiné à exorciser l’angoisse et telle autre comme incitation à l’acte.

La psychosociologie a, par ailleurs, étudié le phénomène de diffusion de la rumeur dans une communication orale, de personne à personne. Les résultats d’enquête ne vont pas dans le sens des idées reçues. On constate que le message s’altère, mais dans le sens d’un appauvrissement et non d’un enjolivement. De répétitions en répétitions, les détails se perdent. En revanche, ceux qui sont retenus sont renforcés pour occuper une place centrale. Enfin, le récit est réorganisé en vue de renforcer sa signification. Il va de soi que nous trouvons ainsi confirmé le fait que la rumeur est soumise à une dialectique de l’affectivité, celle de l’angoisse et de la riposte de l’angoisse. Une angoisse qui renvoie à la fois aux contextes sociaux en tant qu’ils créent une situation de déséquilibre et de fragilité, et à l’inconscient collectif qui investit le champ social ainsi ouvert à son intrusion.

rumeur [ rymɶr ] n. f.
• 1264; rimur 1080; lat. rumor, rumoris « bruit qui court »
1Bruit qui court, nouvelle qui se répand dans le public, dont l'origine et la véracité sont incertaines. bruit. Des rumeurs de guerre. « “Ils vont à Carthage”, disait-on, et cette rumeur bientôt s'étendit par la contrée » (Flaubert). Faire courir, colporter une rumeur. Apprendre qqch. par la rumeur publique. ouï-dire (cf. Radio-trottoir). « un homme que la rumeur publique lui a déjà prêté pour amant » (Maupassant).
2(1407) Bruit confus de personnes qui protestent. Une rumeur de mécontentement. Des rumeurs s'élèvent dans la salle. La rumeur gronde, s'enfle.
3(1651) Bruit confus de voix, bruit assourdi de nombreux sons, de chocs. brouhaha, bruit. « Cette rumeur effarée et confuse qui suit une évasion découverte éclata dans la prison » (Hugo). « les rumeurs et les fracas de la grande ville moderne » (Duhamel). « la rumeur des écluses couvre mes pas » (Rimbaud).

rumeur nom féminin (latin rumor, -oris) Ensemble confus de bruits, de sons, de voix provenant d'un lieu où de nombreuses personnes sont rassemblées : La rumeur venue d'un stade voisin. Littéraire. Grand bruit indistinct, d'origine quelconque : La rumeur de l'océan. Murmure confus de désapprobation, de mécontentement dans un groupe : Apaiser les rumeurs d'une assemblée. Nouvelle, bruit qui se répand dans le public, dont l'origine est inconnue ou incertaine et la véracité douteuse : Des rumeurs de guerre.rumeur (expressions) nom féminin (latin rumor, -oris) La rumeur publique, l'opinion du grand nombre ; nouvelles répandues dans le public. ● rumeur (synonymes) nom féminin (latin rumor, -oris) Ensemble confus de bruits, de sons, de voix provenant d'un...
Synonymes :
- brouhaha (familier)
Littéraire. Grand bruit indistinct, d'origine quelconque
Synonymes :
Nouvelle, bruit qui se répand dans le public, dont l'origine...
Synonymes :
- bobard (familier)
- canard (familier)
- ouï-dire
- potin (familier)
- racontar (familier)
- ragot (familier)

rumeur
n. f.
d1./d Bruit confus de voix. Rumeur d'un auditoire.
|| Par anal. Bruit sourd, lointain. La rumeur de la mer.
d2./d Bruit, nouvelle qui court dans le public. Ce n'est encore qu'une rumeur. Nouvelle répandue par la rumeur publique.
d3./d Murmure de mécontentement. Rumeurs diverses dans la salle.

⇒RUMEUR, subst. fém.
A. — Gén. au sing. Bruit confus produit par la présence d'un certain nombre de personnes qui parlent, crient ou s'activent plus ou moins loin. Synon. brouhaha. Rumeur assourdie, étouffée, joyeuse, lointaine, vivante; rumeur des conversations, des cris, des voix; rumeur d'une fête, d'une multitude, d'une salle; la rumeur s'apaise, bourdonne, s'assourdit, s'éteint, monte, se propage. Quel calme! J'entends monter, confondues en une rumeur vague, les conversations des promeneurs, les voix joyeuses des enfants qui jouent (COPPÉE, Bonne souffr., 1898, p. 32). Tous les espoirs (...) des hommes, toutes leurs joies mêlés aux rumeurs des métiers, aux rumeurs des champs, aux rumeurs des rues que les mille formes des marchés, des potagers, des rivières, des bois éparpillent (FAURE, Espr. formes, 1927, p. 115).
En partic.
♦ Bruit confus et produit par une assemblée, par une foule mécontente et qui réagit en protestant à des nouvelles, à des événements. Synon. agitation, tumulte. Rumeur menaçante; rumeur de la populace; la rumeur gronde; des rumeurs s'élèvent. Le général en chef fit demander au Sénat de Gênes le passage de la Bochetta (...). La rumeur fut extrême à Gênes; les conseils se mirent en permanence (LAS CASES, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 348). Une rumeur se fit, de mécontentement, couvrant la parole du tambour (JOUVE, Scène capit., 1935, p. 14).
♦ Bruit confus et assez fort produit dans une assemblée, par une nouvelle, un événement. La rumeur, excitée par mon entrée dans la salle d'audience [de la Cour d'Assises] ne s'apaisa que lentement. Et puis elle se renouvela, sourde et confuse, aux dehors de la barrière que les curieux n'avaient pu franchir (NODIER, Fée Miettes, 1831, p. 125). Là-bas, sur les bancs [des enfants] s'élève une rumeur que je connais bien: la rumeur des accidents de culotte (FRAPIÉ, Maternelle, 1904, p. 51).
Loc. adj. En rumeur(s) (rarement au plur.). Troublé, agité. Le village, la ville est en rumeur. Où va-t-elle aujourd'hui [l'émeute]? De ses sombres clameurs Va-t-elle épouvanter le sénat en rumeurs? (BARBIER, Ïambes, 1840, p. 28). Dès huit heures du matin, les rues Saint-Denis et Saint-Martin (...) étaient en rumeur; des courants de passants indignés les descendaient et les remontaient (HUGO, Hist. crime, 1877, p. 43). Loc. adv. En trouble, en émoi. Pendant ce temps le tocsin mettait toute la ville en rumeur (THARAUD, Trag. de Ravaillac, 1913, p. 12).
B. — P. anal.
1. Bruit sourd, confus ou lointain d'origine naturelle ou produit par des objets ou des mécanismes. Rumeurs des cloches, de la forêt, de la mer, d'une musique, d'une usine. Le murmure d'une petite fontaine, située au pied de la terrasse, brodait sur la large rumeur du Viézon grossi par les pluies (AMIEL, Journal, 1866, p. 219). À la place où ils posaient le pied, la striduleuse rumeur des grillons s'interrompait pour reprendre un peu plus loin (CHARDONNE, Épithal., 1921, p. 86).
2. Bruit assourdi provenant du corps humain. La rumeur sifflante que ses artères scandaient à ses tempes (GENEVOIX, Raboliot, 1925, p. 273). Le bruit de la respiration (...) se complique d'une sorte de rumeur du haut de la bouche, qui n'est pas un ronflement (ROMAINS, Hommes bonne vol., 1932, p. 37).
C. — Souvent au plur. Nouvelle sans certitude qui se répand de bouche à oreille, bruit inquiétant qui court. Synon. bruit, murmure, on-dit. Rumeur calomnieuse, contradictoire, flatteuse, infâme, sinistre; rumeur(s) de gloire, de guerre, de maladie, de suspicion; la rumeur annonce, circule, monte, se propage; croire la rumeur; démentir, étouffer une rumeur. Cette version confirmait si bien les rumeurs populaires, qu'il devint évident pour tous que c'était la pure vérité (PONSON DU TERR., Rocambole, t. 3, 1859, p. 309):
Il court sur La Fontaine une rumeur de paresse et de rêverie, un murmure ordinaire d'absence et de distraction perpétuelle qui nous fait songer sans effort d'un personnage fabuleux, toujours infiniment docile à la plus douce pente de sa durée.
VALÉRY, Variété [I], 1924, p. 59.
Rumeur publique. Opinion généralement défavorable du plus grand nombre. Être accusé par la rumeur publique. Le père, désigné par la rumeur publique, s'est disculpé (MIRBEAU, Journal femme ch., 1900, p. 174). Il paraît que tu bois beaucoup, c'est la rumeur publique qui le dit (TRIOLET, Prem. accroc, 1945, p. 189).
PSYCHOSOCIOL. ,,Bruit qui court transmis de bouche à oreille avec toutes les déformations introduites par chaque individu`` (MUCCH. Psychol. 1969). La rumeur se déforme dans les relais et (...) son contenu s'appauvrit, mais certains éléments sont sélectionnés et accentués, la distorsion s'opérant dans le sens des intérêts, des sentiments et des opinions de ceux qui les transmettent (MORF. Philos. 1980).
REM. Rumoreux, -euse, adj., rare. Qui fait entendre une rumeur, des bruits sourds. Le flot rumoreux, fervide (...) Renverse et démolit sous ses brusques saccades Disques, môles massifs, barrages, estacades (POMMIER, Océanides, 1839, p. 33).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1100 rimur « bruit (produit par une armée en marche) » (Roland, éd. J. Bédier, 817); 2. 1264 rumeur « bruit qui court, nouvelle sans certitude » (Bibl. de l'Éc. des Chartes, XXX, 563 ds BARB. Misc. 28, p. 349); 1756 les rumeurs publiques (VOLTAIRE, Ess. hist. gén. et mœurs, p. 326); 3. 1407 « bruit sourd et menaçant d'une foule, annonçant quelque disposition à la révolte » (Journal de Nicolas de Baye, I, 195 ds BARB., loc. cit.); 4. 1651 « bruit confus de voix qui s'élèvent » (SCARRON, Roman Comique, I, 12 ds DG). Du lat. rumor, acc. rumorem « bruits vagues », « propos colportés ». Fréq. abs. littér.:1 679. Fréq. rel. littér.:XIXe s.: a) 1 151, b) 2 405; XXe s.: a) 3 166, b) 2 965.

rumeur [ʀymœʀ] n. f.
ÉTYM. 1264, aussi « tapage », « querelle, révolte »; rimur, 1080; lat. rumor, oris « bruit qui court ».
1 Bruit, nouvelles qui se répandent dans le public; l'opinion (cit. 23), la voix publique. || Les nouvelles propagées par cette immense rumeur (→ Exalter, cit. 18). || Rumeurs de maladie (→ Inattendu, cit. 1). || Faire courir une rumeur. || La rumeur de son départ prochain.Elle savait, par la rumeur du hameau… (→ Occitanien, cit. 2). || La rumeur publique (→ Prêter, cit. 11).
1 Le jour se levait; les gens de Sicca réveillés s'agitaient dans les rues. « Ils vont à Carthage », disait-on, et cette rumeur bientôt s'étendit par la contrée.
Flaubert, Salammbô, II.
Spécialt. || Rumeur de blâme (→ Mettre, cit. 62), de suspicion.
2 (1407). Bruit confus que produisent un grand nombre de personnes qui protestent. (→ Effervescence, cit. 4). || Rumeur de mécontentement. || Des rumeurs menaçantes. — ☑ Loc. La ville est en rumeur, il s'y élève des rumeurs. || Un passe-droit qui mit les bureaux en rumeur (→ Nomination, cit. 1).
3 (1651). Bruit confus produit par un grand nombre de personnes, par leurs voix. Bourdonnement, brouhaha, bruit. || Rumeur confuse (→ Bruit, cit. 18), sourde. || La rumeur d'une multitude en marche (→ Grondement, cit. 4). || Cette légère rumeur qui se dégage (cit. 33) du silence de la foule. || Rumeur gaie (→ Entendre, cit. 35). || Les rumeurs de la salle (→ Public, cit. 7). || « La rumeur de la rue Réaumur » (titre de chapitre, Jules Romains, les Hommes de bonne volonté).Bruit confus. || Rumeur d'usine lointaine (→ Bourdonnement, cit. 2). || Une rumeur de vague (→ Hanneton, cit. 2).
2 Quatre heures sonnèrent. Thénardier tressaillit. Peu d'instants après, cette rumeur effarée et confuse qui suit une évasion découverte éclata dans la prison. Le bruit des portes qu'on ouvre et qu'on ferme, le grincement des grilles sur leurs gonds, le tumulte du corps de garde, les appels rauques des guichetiers, le choc des crosses de fusil sur le pavé des cours, arrivaient jusqu'à lui.
Hugo, les Misérables, IV, VI, III.
3 (…) le bruit confus, proche et lointain des voix égrenées dans l'air léger, les appels, les cris d'enfants qu'on baigne, les rires clairs des femmes faisaient une rumeur continue et douce, mêlée à la brise insensible et qu'on aspirait avec elle.
Maupassant, Pierre et Jean, V.
3.1 Il entendait autour de lui, au-dessus de lui, partout, une rumeur confuse, immense, continue, faite de bruits innombrables et différents, une rumeur sourde, proche, lointaine, une vague et énorme palpitation de vie : le souffle de Paris, respirant comme un être colossal.
Maupassant, Promenades, Pl., t. II, p. 132.
4 Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.
Verlaine, Sagesse, III, VI.
5 La rumeur, bruit confus de plusieurs voix, est encore autre chose. Du point de vue qui nous occupe, et de même que nous avons distingué plus haut des fonds de teintes dans les paysages, il se dégage, dans tel ou tel lieu, un fond de rumeur qui contribue à le caractériser. Dans une ville par exemple, de quoi ce fond de rumeur est-il fait ? Nous discernerons d'abord des bruits distincts, tels que le roulement des voitures ou le martèlement des sabots sur les pavés; puis des sons : sirènes de navires, timbres de tramways, klaxons d'autos; puis des chants, des musiques, des mélopées, des appels; peut-être même une somme perceptible de conversations ou de cris.
Siegfried, Géographie des couleurs et des sons, in Revue de Paris, juin 1950.
6 Cette rumeur que je ne cesse d'entendre, et que ne cesse de me verser le fleuve de la présence infiniment naissante de la Ville, cette riche rumeur grosse de mouvements que je retrouve et que je consulte entre deux idées, comme la voix confuse qui atteste le réel, est fille des grands nombres.
Valéry, Regards sur le monde actuel, p. 150.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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